une (longue) playlist, octobre


45° 46’ 49” N, 04° 51’ 03” E

Actress - Splazsh (2010, Honest Jon’s)
Un des albums les plus sexy de l’année. De la dance music, de la vraie, ça pompe dans tous les sens, avec de vieilles boites à rythmes qui soufflent, des synthétiseurs sales qui craquent, des gimmicks qui craignent façon début 90’s, etc.

Alva Noto + Ryuichi Sakamoto
- Insen (2005, Raster Noton)
Il s’agit du volet de leur collaboration que je préfère : l’équilibre entre le piano sporadique et poétique de Sakamoto et l’électronique de pointe de Carsten Nicolai.

Arkhonia - Trails/Traces (2010, White Box)
Deuxième excellente surprise de ce label mancunien après le Consolamentum de Richard A Ingram. Découvert grâce au blog Deleted Scenes Forgotten Dreams dont c’est l’album préféré de 2010 pour le moment. Arkhonia développe une musique en apparence statique mais qui dans le détail se révèle riche, passionnante. Trails/Traces est une sorte d’expédition dans un monde fait de multiples voiles, fumée, brouillard, poussière, neige, pluie, dissimulant de merveilleux paysages engourdis.

Arve Henriksen
- Discography
Arve Henriksen est le trompettiste des très sophistiqués norvégiens de Supersilent. Si cet affreux terme de world music voulait vraiment dire quelque chose, il serait certainement utilisé pour la musique de Arve Henriksen : petit fils nordique de Miles Davis, successeur de Jon Hassell, proche de Nils Peter Molvaer croisant l’opéra et la musique traditionnelle japonaise, diverses percussions du continent africain ou techniques de collage new-yorkaises… Il peint, découpe et recompose des patchworks froids, zen, mais avec un traitement du son et un jeu chaleureux, d’où une certaine richesse. Henriksen est un véritable explorateur et c’est bonheur de partir en expédition avec lui. Vous trouverez ses disques chez Rune Grammofon et ECM.

Booker Little
- Out Front (1961, Candid)
Merci à Mickaël Mottet (aka Angil) d’avoir parlé sur son blog (Le Morceau Caché) du morceau Man of Words qui m’a incité à découvrir le disque de ce jazzman dont j’ai aimé chaque minute !

Christian Wallumrød Ensemble - The Zoo is Far (2007, ECM)
Cet album de ce pianiste norvégien s’inscrit quelque part entre jazz et musique folk nordique, joignant à cela un soupçon de musique faussement baroque et de néo-classique. Arve Henriksen joue de la trompette par ici. Un disque unique dans le sens où il donne à écouter une musique dépouillée mais très personnelle tout en étant fortement imprégnée de ses références.

Dave Douglas - Meaning and Mystery (2006, Greenleaf)
Dave Douglas est un trompettiste américain qui s’est principalement fait connaître à travers ses collaborations avec John Zorn et Tzadik (il est membre de Masada et Bar Kokhba), mais qui a exploré un grand nombre de territoires divers et variés à travers plus d’une vingtaine d’albums (hommages à Kurt Weill, Stravinski, Shorter, musique contemporaine, musique klemzer, free jazz, commandes pour pièces de danse, etc). Cet album ne figure pas parmi ses plus originaux et aventureux, mais c’est un des plus efficaces, version jazz semi-électrique/soft fusion.
Vous remarquerez que je suis plutôt trompette ces derniers temps.

David S. Ware - Surrendered (2000, Sony)
David S. Ware n’est pas trompettiste mais saxophoniste. J’ai découvert ce disque en allant voir Otomo Yoshihide + The Thing en concert. Merci aux messieurs du Sonic d’avoir passé cela.

Dirty Three - Discography
Dirty Three, ou la méga-classe australienne. Ma bande-son officielle pour le désert et les plaines arides d’Australie, tel que je les imagine. Ce groupe possède l’un des sons les plus vivants qui soit.

Eluvium - Static Nocturne (2010)
Je n’ai jamais trop aimé Eluvium, pas que ce n’était pas bien, mais ça ne me touchait pas, pourtant il y arrivait presque, mais à chaque fois, il y a avait un élément fatal qui tuait notre relation amoureuse dans l’œuf. Matthew Cooper a de nouveaux arguments pour me séduire, et ils sont sérieux : cette pièce de 50minutes est magnifique, bien sentie, et son travail sur le son, pour la première fois, me parle vraiment. Très riche et assez facile d’accès pour les curieux.

Kammerflimmer Kollektief - Discography
Tout simplement un de mes nouveaux groupes préférés. Allez écouter quelques uns de leurs disques… Commencez par Absencen pour vous donner une idée.

Nick Cave & Warren Ellis - Soundtracks
Nick Cave & Warren Ellis (violoniste de Dirty Three) collaborent depuis des années à travers les divers projets de Nick Cave (dont Grinderman). Ils ont 3 bandes originales à leur actif, une géniale, une bonne et une mauvaise : The Assassination of Jesse James, The Proposition et The Road.

Philip Jeck - An Ark for the Listener (2010, Touch)
Philip Jeck vétéran de l’écurie anglaise Touch sort ici un de ses meilleurs albums. Pas grand chose à dire là dessus…

Shipping News - One Less Heartless to Fear (2010, Karate Body)
La nouvelle livraison de Shipping News, 5 ans après l’excellent Flies the Field, m’a déçu à la première écoute car il a été enregistré lors de deux lives et que le son est assez âpre. On retrouve deux titres de Flies the Field et 7 nouvelles compositions, globalement plus féroces, plus sales, plus punk que tout ce qui a pu précédé chez Shipping News. Et au final ce n’est pas déplaisant, c’est même rafraîchissant, même si je leur préfère les autres titres plus proches de l’ancien Shipping News, tel que Bad Eve ou Half a House.

Sufjan Stevens - The Age of Odz (2010, Asthmatic Kitty)
J’ai encore un peu de mal, parce que le problème de cet album, c’est que les sons explosent partout à chaque instant. Si la richesse d’écriture et d’arrangements de Stevens est toujours là, elle est souvent dissimulée ou plutôt violemment noyée par des machines électroniques auxquelles je ne m’habitue toujours pas vraiment. Il y a de merveilleuses idées et je salue quelque part l’envie d’aller de l’avant, mais je ne saisis pas vraiment encore son propos…

J’ai aussi écouté l’étonnant nouveau projet frenchtouch-funk de Squarepusher et son groupe Shobaleader, et je ne suis pas plus convaincu que cela. Pas mal de Kayo Dot, parce que cela faisait longtemps, mais ils figurent toujours parmi mes favoris. Et Secret Blood de Shannon Wright, plus emporté que le précédent, mais avec la même équipe, il est plutôt bien parti pour finir parmi les très bons albums de 2010, sans être vraiment original.

playlist septembre


45° 46’ 57” N, 04° 51’ 13” E

!!! -
Strange Weather, Isn’t it ? (2010, Warp)
Il m’aura fallu plusieurs écoutes pour commencer à apprécier cet album de !!!. L’absence de certains membres fondamentaux se fait véritablement remarquer tant dans la production que dans les compositions et arrangements. C’est ce qui m’a frappé et déçu. Puis avec le temps, en prenant un peu plus de recul, je pense que cet album est réussi, mais c’est comme si pour moi il s’agissait d’un autre groupe, comme un nouveau projet de Nic Offer qui semble désormais être le maître à bord. Cet album est à la fois plus froid et plus dansant que ses prédécesseurs, il y a quelque chose de presque malsain dans tout ça.

Battle of Mice
- A Day of Nights (2006, Neurot)
Cela faisait quelques temps que je n’avais pas écouté ce disque. Il s’agit d’un des enregistrements les plus tendus que je connaisse. Aride, nerveux, parfois malsain et pourtant toujours touchant.

Biosphere
- Discography
Vous ne croyez tout de même pas que je vais vous résumer la discographie de Geir Jenssen en quelques lignes. J’ai découvert il y a quelques années avec Cirque, qui n’est pas mon préféré mais fut une très bonne porte d’entrée…

Blonde Redhead -
Penny Sparkle (2010, 4AD)
Très froid, comme une acceptation d’un certain état de tristesse. Beaucoup plus synthétique que par le passé, au point que l’ingénieux jeu de batterie de Simone Pace passe à la trappe, et ça, c’est vraiment dommage… Dans le fond, ce n’est pas un mauvais album et on ne peut pas reprocher à Blonde Redhead de ne pas se redéfinir à chaque album, mais lorsqu’on connaît les talents de compositions, d’arrangements mais surtout de jeu (qu’ils cachent très bien), j’espérais être surpris mais différemment… D’ailleurs, c’est exactement ce qui transparait du récent concert auquel j’ai assisté : trop esclave des playbacks (souvent trop forts), le groupe n’arrive pas à dégager la même magie que par le passé. Les rares bons moments ont correspondu à ceux où le groupe se retrouvait à jouer réellement, tous les trois, avec leurs instruments, sans aucun artifice. Cela laisse encore pas mal d’espoir.

Cloudkicker
- Beacons (2010, autoproduit)
Cloudkicker est un one-man-prog-hero-band qui fait parler de lui sur internet depuis quelques mois/années… Et voilà enfin son véritable premier album, Beacons. Auto-produit de A à Z par Ben Sharp, l’homme derrière cette lourde machine de guerre qui sait aussi faire l’amour par moments. Vous pouvez le découvrir et/ou le soutenir par ici.

Jon Hassell - Last Night the Moon Came Dropping Its Clothes in the Street (2009, ECM)
Expérimentateur et trompettiste américain de 73 ans, Jon Hassell a traversé diverses mouvances sonores en travaillant avec Terry Riley et La Monte Young dans un premier temps puis avec Brian Eno, David Sylvian, David Byrne, David Toop, Daniel Lanois ou encore Peter Gabriel mais aussi avec beaucoup d’artistes non occidentaux.
Cette dernière production pour ECM, enregistrée en France, est plus feutrée que jamais
Les expérimentations de Hassell sur des musiques orientales sont ici beaucoup plus en retrait que d’ordinaire bien que persistantes. C’est ici son côté jazz, sombre et intrigant, qui prévaut : basse rampante, percussions traitées, guitares spectrales (Eivind Aarset), quelques samples et instruments orientaux, offrent à sa trompette, parfois mutante mais très souvent proche d’un Miles nocturne, un très bon écrin. Il faut apprécier la langueur, les longueurs, pour aimer cet album d’environ une heure qui progresse lentement vers des sections résolument plus animées. Ça tombe bien, c’est mon cas.

Kammerflimmer Kollektief - Absencen (2005, Staubgold)
Cet album de jazz contemporain est tout simplement fantastique, moderne, et brillant. J’avais donné une première chance à ce disque à sa sortie, et j’étais totalement passé à côté… De cet enregistrement se dégage une certaine beauté froide à l’européenne, empruntant parfois des codes de la musique traditionnelle américaine (utilisation faite du violon, du lapsteel) comme pour équilibrer le tout en insufflant un peu de chaleur. Rajoutez à cela un véritable sens de l’improvisation et de la (dé-)construction ainsi qu’un certain goût pour les traitements électro-acoustiques, et cela donne un album polymorphe sophistiqué et chatoyant fourmillant de subtilités, qui à travers  Et puis sur le plan des mélodies, c’est magique, tout simplement. Fortement recommandé.

Lawrence English - Kiri No Oto / It’s Up to Us to Live / A Colour for Autumn
(2008, Touch / 2009, Sirr / 2009, 12k)
L’australien fait partie de ces phares, de ces acteurs majeurs des musiques texturisées, à la tête du label Room40 depuis 10ans maintenant. Ces derniers temps, j’ai passé du temps avec ses productions les plus récentes. Kiri No Oto, chez Touch, qui démarre par un titre qui m’a ému dès la première fois, Organs lost at sea, une espèce d’océan massif d’orgues. Kiri No Oto, c’est comme être largué en plein milieu de l’océan, ne pas savoir comment nous en sommes arrivés là, et n’avoir d’autre choix que de constater et ressentir l’immensité, la puissance de cet océan, craindre son caractère imprévisible, et jouir d’une relation unique tout en redoutant cet isolement non volontaire. Hmm… It’s Up to Us to Live joue beaucoup plus sur les dynamiques et sa palette de textures qui est beaucoup plus variée. Cette combinaison créé une sorte de tension tout au long de l’album qui est plutôt inhabituelle pour ce que je connaissais de L. English… Pour ceux qui préfèrent des albums d’ambient plus sereins, je vous conseille A Colour for Autumn : beaucoup plus doux, plus minimaliste, tout simplement plus proche de l’esthétique du label de Taylor Deupree. En somme, avec ces trois disques, vous pouvez vraiment vous faire une bonne idée de l’artiste et de son travail, et il y en a pour tous les goûts.

Out Hud
- Let Us Never Speak of It Again (2005, Kranky/!K7)
Projet de 3 membres de !!! avec 2 demoiselles, cet album décadent croise funk glacial, psychédélisme hypnotique et dance music has been avec talent. Sors-le en soirée, tu verras bien.

Steve Reich
- Double Sextet/2x5 (2010, Nonesuch)
J’attends depuis un peu plus d’un an la parution de 2x5, pièce en trois mouvement pour 2 quintets électriques de Steve Reich. Les extraits étaient particulièrement alléchant, et écouter le travail de Reich transposé à un instrumentarium tel que celui-ci était prometteur. Au final, ce n’est pas si surprenant que cela : cela fonctionne très bien, mais il n’y aucun doute sur l’écriture et sur la provenance de ce travail. Étrangement, c’est le Double Sextet, plus classique dans la forme et les textures, qui m’a séduit par la puissance légère qui s’en dégage.


Mais aussi Mark Templeton, Olan Mill, Celan, Seaworthy & Matt Rösner, Warren Ellis & Nick Cave, Balmorhea, The New Year, Shipping News (en attendant le nouvel album en novembre), Shannon Wright (en attendant le nouvel album en novembre. bis), Godflesh, Zatokrev, Hans Otte (merci Nicolas) et bien sûr le dernier Oceansize

une playlist, cher auguste



48° 50’ 28” N, 2° 24’ 04” E

Août 2010

Bexar Bexar - Tropism (2006, Western Vinyl)
Des guitares nylons ensoleillées habillées de quelques souffles et brises électroniques. 37 minutes de nostalgie égarées dans la chaleur de l’été.

Brian Blade Fellowship - Season of Changes (2008, Verve)
La musique de Brian Blade est profondément ancrée dans une certaine culture mélodique américaine, aucun doute sur les origines de cette musique dès les premières notes. Du jazz en costume, très propre sur lui, plein de bonnes intentions, quelque peu insolent… Le truc c’est que je ne vois absolument pas quoi reprocher à ce disque à part sa perfection et sa grande classe. Et pourtant ce n’est le genre de jazz qui me séduit d’ordinaire. Stoner Hill est un modèle de balade d’amour ultime à l’américaine. La faille n’est pas sur ce disque mais sur celui où Brian Blade a quitté les fûts pour s’essayer au songwriting, c’est là qu’il a franchi la ligne.

Les Baxter - The Exotic Moods of Les Baxter (1996, Capitol)
Le roi des cordes cinématiques exotiques. Compilation posthume délicieuse et inspirante.

Mice Parade - What It Means to Be Left-Handed (2010, FatCat)
Un des meilleurs albums de l’année pour moi… Adam Pierce est toujours aussi inspiré et talentueux pour ses productions…

Moondog - Moondog 1956, Moondog 1969
le plus grand des clochards célestes offre une musique évidente, sans artifice, directe, touchante.

PVT
- Church With No Magic (2010, Warp)
Plus extraverti que son prédécesseur, ce nouveau Pivot (devenu PVT) Toujours parcouru de manipulations acoustiques en tout genre (réminiscences de Triosk dont un des membres de PVT était le batteur, et un autre, producteur), de synthétiseurs gonflés à bloc, les influences eigthies et kraut radicalisées… Si tout paraît nouveau du nom jusqu’au son, la grande nouveauté reste la voix et ce format chanson adopté par le trio australien. Je dois avouer avoir trouver cet album un peu trop boursoufflé et pas à mon goût aux premières écoutes (alors que j’appréciais le premier), mais après plusieurs écoutes, il faut avouer que désormais, je trouve ce nouvel effort bien plus abouti et plus riche. Bien que plus direct en apparence, il mérite à mon avis plus d’attention que son prédécesseur…

Rafael Anton Irisarri
- Discography
R.A.I., je t’aime.

Simon Scott
- Nivalis (2010, SFH) / Traba (2010, Immune)

The Green Kingdom
- Twig and Twine (2009, Own)
Je suis tombé par hasard sur cet album à la bibliothèque et l’ai pris simplement parce qu’il était mentionné “mastering par taylor deupree”. Une assez bonne pioche. Encore un album de guitare génétiquement modifiée, mais de manière assez discrète. Plutôt lumineux et facile à écouter, se rapprochant des choses les plus légères que j’ai pu enregistré récemment.

Sufjan Stevens
- All Delighted People EP (2010, Asthmatic Kitty)
8 titres pour une heure, cette nouvelle livraison de Sufjan Stevens me ravit. La chanson titre est épqieu, une véritable surenchère de grosses ficelles, et ça marche complètement parce que ça reste Sufjan Stevens et que cet homme est une sorte de travailleur acharné, magicien à ses heures perdues. Tous les titres sont de très bonne facture, pas forcément éloigné de ce qu’il a pu faire par le passé, mais la chanson titre vaut à elle seule l’écoute de ce “court-format”. Nouvel album en octobre (et les deux extraits disponibles font peur…).

Mais aussi pas mal de disques Western Vinyl, Direction Survet’ (formation lyonnaise fortement recommandée), les albums de Lake (taillés pour l’été), Tren Brothers (Dirty Three minus Warren Ellis), Oneothrix Point Never en vrac, Matthew Dear (Black City), le dernier Blonde Redhead

A la demande de certains, je glisserai des extraits de tout cela dans un prochain pot-pourri spotify… Je fais également en sorte de trouver un bon widget pour que vous puissiez laisser des commentaires ici puisqu’il semblerait que 430 visiteurs aient visionnés 1000 pages sur les 60 derniers jours… merci à tous ceux qui m’ont fait des retours.

une playlist, leftovers #1


46° 08’ 13” N, 6° 25’ 35” E

En attendant des podcasts plus structurées et pour terminer l’été, voici un simple pot pourri de 33 titres, sans ordre de lecture particulier, sans thème. Quelques titres en vrac que je partage avec vous, parfois issus des playlists précédentes, parfois soufflés par des amis bienveillants, d’autres sont tout simplement des morceaux que j’adore depuis longtemps et certains sont arrivés là par hasard… Tout cela, dans la limite de ce que peut offrir spotify. Vous retrouverez donc ici :

Autistici - Broken Guitar, Discarded Violin
Baja
- Floating Clocks, Floating Girls
Bexar Bexar - Sweet Devil
Black to Comm - Hotel Freund
Blonde Redhead - Signs Along the Path
Brian Blade Fellowship - Stoner Hill
Brian Eno - Lizard Point
David Sylvian, Ryuichi Sakamoto, Amadeo Pace, Keigo Oyamada & Sketch Show - World Citizen
Fennesz
- Namewithnohorse
Food - Tobiko
Franz Schubert - Trio n°2 Opus 100
Giuseppe Ielasi - 3
Herb Alpert -This Guy’s In Love With You
HTRK - Ha
John Zorn - Mao’s Moon
Kreng - Meisje in Auto
Lone - To Be With A Person You Really Dig
M83 - Kim & Jessie
Matthew Dear - Don & Sherri
Maurice Ravel - Pavane pour une infante défunte
Ornette Coleman - Civilization Day
Pantha du Prince - The Splendour
Pivot - Sing, You Sinners
Rebotini - The Spirit of Boogie
Scott Walker - On Your Own Again
Souvaris - Great Scott !
Talk Talk - I Believe in You
Tangerine Dream - Love On A Real Train
The Blue Nile - Let’s Go Out Tonight
The Chap - Fun and Interesting
The Sight Below - No Place for Us (Eluvium Remix)
Tren Brothers - Gone Away
Vessels - Altered Beast

PAR ICI et pour ceux qui n’ont pas encore Spotify, vous pouvez l’obtenir par ici.

out of town, rooted grounds


47° 19’ 54 N, 04° 04’ 54” E


Dans mes oreilles, en juillet, lors de séjours en zones indépendantistes, entre guérilleros morvandiaux à l’arrière de pick-up et panneaux routiers décorés à la chevrotine :

Brian Harnetty & Bonnie “Prince” Billy
- Silent City (2009, Atavistic)
David Torn - Prezens (2007, ECM)
Dirty Projectors + Björk - Mount Wittenberg Orca (2010, Domino)
Elephant Micah - plays the songs of the Bible Birds (2010, Time Lag)
Eliane Radigue - L’île ré-sonante
Giuseppe Ielasi - Aix (2009, 12k)
How to Destroy Angels - Ep (2010)
Kreng - L’autopsie phénoménale de Dieu (2009, Miasmah)
M83 - Saturdays=Youth (2008, Mute)
Molly Berg + Stephen Vitiello - The Gorilla Variations (2009, 12k)
Regenorchester XII - Town Down (2008, Red Note)
Taylor Deupree - Shoals (2010, 12k)
The Fun Years - Baby, It’s Cold Inside (2008, Barge)
The Necks - Silverwater (2009, RēR)

deux semaines


42° 15’ 20” N, 8° 35’ 48” E

Deux semaines sans faire ni écouter de musique, je n’ai jamais rentré un tel combo de toute ma vie… J’ai donc lu, sur le sable, souvent.

J’ai tout d’abord terminé Journal Intime (Diary) de Chuck Palahniuk, celui que j’ai le moins aimé de l’auteur, mais il est véritablement doué pour implanter des fables abracadabrantes au sein du monde réel afin d’en faire ressortir les impuretés avec un style toujours très personnel… Pour quelqu’un qui voudrait s’y mettre, je conseillerais plutôt Survivant ou Choke (ou Fight Club, mais je ne l’ai pas lu), car celui-ci est beaucoup plus glacial, moins farfelu, plus lent à se dévoiler.

Je suis ensuite passé à un roman noir policier, pour la toute première fois. Je choisis toujours méticuleusement les livres que je lis, très souvent des auteurs nord américains, les traductions des livres de ceux-ci donnent la sensation d’aller toujours à l’essentiel, et puis je suis obnubilé par la géographie américaine…

Bref, j’ai donc choisi Bois Mort (Cypress Grove) de James Sallis, premier volet de la trilogie Turner, et je ne regrette absolument pas tant le personnage de Turner est travaillé, se révélant et se précisant à chaque page du livre. Au final, l’enquête n’a pas vraiment d’intérêt, c’est plus sa manière de l’aborder, de la mettre en parallèle à sa propre vie qui l’est. J’ai déjà acquis le deuxième volume… Je le commencerai dès que j’aurai terminé Julius Winsome de Gerard Donovan

J’ai lu une centaine de pages et j’espère vraiment que Gerard Donovan ne me laissera pas tomber avant la fin de ce roman passionnant, enfin passionnant pour tous ceux qui aiment le silence, les forêts sombres du Maine, s’imaginent en ermite dans une cabane au fond des bois dont les murs sont habillés de livres (ou de disques) merveilleux. Tout comme le Turner de Sallis, Julius Winsome est un vieux solitaire très attachant, réfugié dans les livres depuis toujours, et qui découvre malgré lui et à travers lui la violence après 50 ans de paix.


Mais sur le bateau qui m’a mené sur l’île, j’ai quand même écouté quelques disques, entre la moiteur et l’odeur de mazout du pont supérieur et l’air conditionné des restaurants déserts :

Taylor Deupree - Shoals (12k, 2010)
dernière livraison du boss de 12k dont je vous parlais précédemment, basé autour de travaux réalisés avec des instruments balinais et javanaisn d’où un caractère particulièrement méditatif dans ces quatre compositions. Quand on se penche dessus, c’est un disque assez différent de ce qu’il a fait précédemment, par la texture, la température et les couleurs. J’aime beaucoup.

David Torn - Prezens (ECM, 2007)
j’ai découvert David Torn en tant que guitariste bizarroïde de David Bowie (pour les tournées Outside et Earthling il me semble) mais a également collaboré avec Jan Garbarek, Don Cherry, Sakamoto, Cliff Martinez, les membres de King Crimson ou David Sylvian et même Madonna. Et puis c’est le cousin de Rip Torn d’après Wikipedia, et ça, c’est la classe.
Cet homme s’avère être un expérimentateur très intéressant, versatile, généreux avec son instrument. Le tout est assez long et navigue entre jazz crimsonien, improvisations futuristes (légèrement décalées/dépassées), jams électriques débridés, interlude orientaux et science-fiction sonore. Agréable surprise à creuser…

Brian Harnetty & Bonnie Prince Billy - Silent City (Atavistic, 2009)
et hop, encore un album plein de joli souffle et d’instruments vivants qui craquent. Brian Harnetty est une sorte de compositeur d’américana minimaliste, utilisant piano acoustique et électrique, accordéon, contrebasse, batterie et des samples de musiques traditionnelles de Appalaches. A cette musique discrète s’ajoute la voix unique de Will Oldham dont je ne me lasserai peut être jamais… Magnifique en toutes circonstances silencieuses.

Evening Hymns - Spirit Guides (Out of this Spark, 2009)
cela faisait quelques temps que je n’avais pas apprécié un album de ce genre (souvent classé sous indie folk), c’est sans prétention, très honnête, dépouillé mais légèrement emporté avec juste ce qu’il faut d’éléments mystérieux qui traversent l’album comme autant de spectres. Pas grand chose d’autre à dire à part que c’est plaisant, mais je m’en lasserai certainement assez vite…

Il y également eu un peu de M83, le dernier Ep de Simon Scott, la collaboration entre Nina Nastasia & Jim White et quelques vieux Deftones


Au retour, pour regarder la lune à travers les yeux de la mer depuis notre étroite cabine, j’ai préféré la bande originale de Solaris (Trauma, 2002) par Cliff Martinez qui est une des plus belles qui soient. Cette musique est parfaite, surtout dans de telles circonstances. Je ne vois pas quoi rajouter à part vous conseiller d’écouter cette musique.

Pour me réveiller, c’est Manafon (Samadhi Sound, 2009) de David Sylvian qui m’a accompagné, et c’est pas vraiment un choix idéal dans cette situation. Manafon est vraiment loin d’être facile : contrairement à d’autres de ses albums où les instrumentations sont l’écrin dont sa voix est le joyau, on se retrouve ici dans la situation inverse. La voix de Sylvian est le fil conducteur, la colonne vertébrale qu’il ne faut surtout pas quitter des oreilles, et l’instrumentation (Fennesz, Dafeldecker, Evan Parker, Otomo Yoshihide et d’autres pointures du genre) vient la ponctuer par spasmes, par percées obscures ou faux thèmes labyrinthiques. Encore une fois, pas facile, mais une fois qu’on s’est accroché pour de bon, le voyage est, si ce n’est plaisant, des plus intéressants.

une playlist, curated by radiohead



J’ai toujours apprécié rechercher et écouter ce que les gens que j’admire écoutent. Suite à ma découverte de Radiohead en concert à l’âge de 12ans, je me suis mis en quête de lister les morceaux/albums dont ils parlaient et de tout écouter…

Adolescent, j’ai découvert des dizaines de choses qui m’ont réellement ouvert les oreilles grâce à eux, notamment le label Warp quand j’avais quinze ans (surtout Antipop Consortium et Aphex Twin à l’époque), Low, Sigur Ros, Kristin Hersh, Clinic, The Beta Band, Dj Shadow, Sparklehorse, etc (la plupart ont d’ailleurs tourné en première partie du groupe) mais aussi mes premiers disques de musique contemporaine. Radiohead a plus ou moins fait une grosse partie de mon éducation musicale entre 12 et 17 ans.

Bref, du coup, j’ai retranscrit cette liste il y a quelques mois sur Spotify (dans la limite des morceaux présents sur Spotify) et l’ai progressivement mise à jour. Je partage donc avec vous cette playlist Spotify curated by Radiohead d’environ 200 titres qui couvrent un très large spectre musical : electronica, hip hop qui tâche, musique contemporaine, techno minimale, icônes des eighties, etc. Tout n’est pas génial mais après avoir découvert ça, on a très certainement une meilleure vision de ce groupe… et puis vous ferez peut être quelques découvertes !

—-Enjoy—-