une playlist, novembre


48° 50’ 49” N, 02° 22’ 35” E

Ce mois de Novembre, en dehors des mixes et différents tests de mastering de ma prochaine sortie, Scrawls #01, voici ce qui est passé par mes oreilles…

Bill Evans
- Waltz for Debby (1961, Riverside)
Enregistré il y a maintenant presque 50 ans, ce live est un classique du cool jazz, très laidback et élégant, assez chaleureux et rassurant. Et puis Paul Motian a la classe lorsqu’il passe le balais…

Chris Herbert - Mezzotint (2006, Kranky)
C’est Dan de Souvaris qui m’a recommandé Chris Herbert… J’ai sauté sur cet album sorti chez Kranky et je n’ai pas été déçu. De belles plages en mille feuilles minimalistes, feutrés, toujours en évolution, laissant entrevoir quelques merveilles sous ses strates de son. Très beau travail.

Dave Douglas - Discography
J’avais besoin de trompette ces derniers temps, Booker Little, Miles Davis, Arve Henriksen et Dave Douglas sont ceux que j’ai le plus écouté ce trimestre. J’aime la facilité avec laquelle Douglas se régénère et se réinvente de nouveaux espaces de jeu au fil des albums.

Erik K Skodvin - Flare (2010, Sonic Pieces)
Erik K Skodvin, aussi connu sous le nom de Svarte Greiner, moitié de Deaf Center et boss de Miasmah, sort son premier album sous nom. Flare semble bien plus porté sur le traitement d’instruments acoustiques, bien moins digital que les projets susmentionnés, entre influences post-minimalistes et folk hypnotique… De nouvelles couleurs sur sa palette, et peut être ce que je préfère de lui au final.

Kangding Ray - Pruitt Igoe (2010, Raster Noton)
Cet EP de Kangding Ray est parfait. Son format court créé juste ce qu’il faut de frustration pour l’écouter en boucle sans s’en lasser. David Letellier a réussi à créé quelque chose de plus frontal, plus massif que sur son précédent (et néanmoins très bon) album Automne Fold. Il semble se rapprocher un peu plus de l’esthétique des autres artistes de son label Raster-Noton. Le jeu de miroir entre ses deux compositions et les deux remixes intercalés (Alva Noto et Ben Frost) est très bien pensé, la construction forme un disque très cohérent, au-delà d’un simple deux titres accompagnés de leurs deux remixes.

Markus Mehr
- Lava (2010, Hidden Shoal)
Encore un très bon album de musique abstraite, cette fois-ci venu d’Allemagne, sorti sur un label australien, Hidden Shoal. La musique de Markus Mehr est riche en reliefs, toujours très mélodique, utilisant beaucoup de synthétiseurs comme éléments centraux mais également des guitares altérées, des signaux bruyants ou encore des appareils électriques de tout type. Mehr offre une sorte de musique cosmique bien plus discrète que celle de Oneohtrix Point Never, évitant au maximum les travers psychédéliques, se rapprochant (par instant seulement) de l’école de Tim Hecker alliant la force destructrice aux mélodies lumineuses.

Mulatu Astatke - Steps Ahead Mulatu (2010, Strut)
Je ne sais pas vraiment quoi raconter si ce n’est que j’ai pas mal écouté cet album principalement pour son morceau d’ouverture, Radcliffe, une pièce délicieuse comme il m’en fallait. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Mulatu Astatke est un musicien éthiopien qui croise le jazz occidental aux musiques de son pays, sans folklore et avec naturel et élégance… Il a, semble-t-il, entrainé pas mal de monde dans son sillage et sa musique a été utilisée et samplée un peu partout ces dernières années, et est considéré comme l’un des fondateurs de l’ethiojazz. Radcliffe, est fantastique bon sang, il me semble que vous pouvez l’écouter dans ma playlist spotify, Leftovers #03.

Nicolas Bernier - Strings.Lines (2010, Cronica)
Strings.Lines est une des dernières sorties du compositeur électro-acoustique québécois Nicolas Bernier. Sur celle-ci, il croise une collection de diapasons de toutes sortes avec une viole de gambe et violon, jouant sur le dialogue entre les deux tout en travaillant sur la différence de matériaux et de niveaux de définition sonore en présence. Riche et hypnotique.

Peter Broderick - Music for Falling from Trees (2009, Erased Tapes)
Création musicale pour chorégraphie, Music for Falling from Trees a été le disque qui m’a réconcilié avec Peter Broderick, qui m’a fait redécouvrir le reste de sa discographie, notamment ses débuts qui, à l’époque, je ne sais pourquoi, m’avaient laissé de marbre. Cet enregistrement en particulier est un peu plus sombre et brut, acoustique, plus aéré (et non pas plus éthéré), porté sur les échanges entre piano et violon.

The New Year - Discography !!!
Poésie neurasthénique vénéneuse.

The Shangri-Las - Anthology
Parce que Thomas m’en a dit le plus grand bien et que ça nettoie les oreilles.
Thomas fait jouer The Redneck Manifesto ce samedi 11 décembre au Sonic de Lyon, allez-y ! Moi je ne peux pas, je vais passer le weekend avec Tim Hecker, Ben Frost, Monolake et Biosphère…

Warpaint - The Fool (2010, Rough Trade)
Les demoiselles de Warpaint sont partout sur internet, je me suis donc décider à les écouter… Et je ne regrette pas du tout, si tout cela n’est pas particulièrement novateur, que ça ne joue pas très bien, que ça ne chante pas vraiment juste, et que tout les éléments sont là réunis pour que ça me déplaise… Mais il y a quelque chose de plutôt bien senti et je dirais qu’elles réussissent créer une atmosphère assez authentique que la plupart des disques de ce genre n’ont pas. Comme je le disais l’autre jour, c’est un peu mon XX à moi (ok the XX ça n’a rien à voir, mais c’est également un groupe hype, sauf que moi, the XX, je n’aime pas vraiment). A la longue, ça m’épuisera certainement, pour le moment, j’en profite.

Earth, Misled Children (projet lié à Clutchy Hopkins), Tindersticks, Pascal Savy, Dälek, Loscil, V. Sjöberg’s New Jazz Ensemble ou encore les dernières livraisons de Akira Rabelais, Maserati, Julie Christmas, Women, Tamaryn

artwork, done !


45° 56’ 58” N, 04° 02’ 39” E

L’artwork pour la prochaine (et première) sortie de witxes est terminé… Il sera resté accroché environ 15 minutes avant d’être réduit en 50 pochettes numérotées… Plusieurs disques ont accompagné ces deux weekends de travail :

Simon Scott - Silenne (Slaapwel, 2010)
David Sylvian - Secrets of the Beehive (Virgin, 1987)
Peter Broderick - Music for Falling From Trees (Erased Tapes, 2009)
The New Year - Newness Ends (Touch and Go, 2001)
Gregor Samsa - 55:12 (Kora/Own, 2006)
Brian Blade Fellowship - Season of Changes (Verve, 2008)
Labradford - Mi Media Naranja (Kranky, 1997)
Mark Hollis - Mark Hollis (Polydor, 1998)
et principalement witxes - scrawls #01 (mastering tests by La Sorcière Trionique)


Incessamment sous peu.

une playlist, curated by phoenix


45° 46’ 49” N, 04° 51’ 03” E

Je vous avais déjà fais le coup avec ma playlist curated by Radiohead de plus de 270 morceaux, voici celle de Phoenix. J’entends déjà certains d’entre vous me dire MAIS POURQUOI ? Tout simplement parce que pour moi, c’est un de ces groupes “borderline”, en apparence très pop, très simple, très superficiel, mais qui dans le fond fait un travail très intéressant sur son héritage musical et sur la manière de le moderniser, de lui donner du sens aujourd’hui. Sans vouloir intellectualiser leur musique, mettre en perspective ces différents morceaux et leurs chansons permet de mieux cerner et comprendre leur travail. Et puis, il faut avouer que ce groupe m’a facilité la tâche car il communique volontiers au sujet de ses influences. Si cela vous a plu, vous pouvez également regarder PHOENIX MUSICVISION de Guillaume Delaperriere qui a largement contribué à alimenter cette playlist. Si jamais vous trouvez d’autres morceaux à ajouter, faites moi un signe (et un lien vers la source).

Disponible uniquement pour les utilisateurs de spotifyPAR ICI.

une playlist, leftovers #3


45° 26’ 12” N, 09° 12’ 22” E

Actress - Always Human
Alva Noto + Ryuichi Sakamoto - Berlin
Arkhonia - DDRhodes
Booker Little - Man of Words
David Bowie - Slip Away
David S Ware - Theme of Ages
Dirty Three - Last Fall
Dominique A - Les Hommes entre Eux
Dub Trio - Casting Out the Nines
Electrelane - The Valleys
Elephant Micah - A Spider Lives There
Elton John - Daniel
Gil Scott-Heron - Me and The Devil
I Love You But I’ve Chosen Darkness - According to Plan
Jonny Greenwood - Splitter
Kangding Ray - Pruitt Igoe (Alva Noto Remodel)
Kayo Dot - The Manifold Curiosity
Le Lendemain - Linden
Mark McGuire - Brothers (for Matt)
Markus Mehr - Full Moon
Morphine - Murder for the Money
Mulatu Astatke - Radcliffe
Noveller - Almost Alright
Olan Mill - Cotton Access
Phoenix - North
Sleeping People - People Staying Awake
Tim Hecker - Apondalifa
Tindersticks - Another Night In
Tusla Drone - Chiaroscuro
Warpaint - Majesty


Le temps est venu de partager une troisième playlist spotify… Cette fois je vais rapidement écrire un mot concernant mes choix. Autant dire que pour ceux qui me connaissent il y a peut être moins de surprises que dans les précédentes puisque j’ai intercalé quelques morceaux qui me collent aux oreilles depuis des années…

Par exemple, Sleeping People et leur People Staying Awake, superbe morceau qui compte deux parties bien distinctes, l’une instrumentale, mathématique, menaçante, dont le seul but est de préparer le terrain à cette seconde partie (les toutes dernières secondes de l’album) qui voit l’apparition d’une voix pour la première fois sur ce disque. Quelques secondes de chant pour clore leur album à la perfection, avec la participation de leur voisin, Rob Crow (Pinback, Team Sleep, etc).

The Manifold Curiosity de Kayo Dot, tout simplement parmi mes 10 morceaux préférés (formule toute faite, parce que je doute pouvoir être capable de choisir). Je dois la découverte de ce morceau à Mr Bob Cooper. 15 minutes de progression extrême, d’une sorte de jazz poétique onirique à une déferlante électrique écrasante. Je n’en dirais pas plus.

Parmi ces morceaux qui me collent depuis plusieurs années vous retrouverez aussi Morphine et leur single Murder for the Money (issu de Like Swimming). Rapidement, pour ceux qui ne connaissent pas, Morphine était un trio basse-batterie-sax de blues fiévreux, moite, excellant dans l’art de créer des ambiances avec trois fois rien. Cela fait plus de dix ans que j’ai découvert ce morceau sur une compilation, et il ne m’a jamais lassé, simple blues rock uptempo, une basse sale jouée au slide, des saxophones délayés toujours au bord de l’explosion…

J’ai également mis Slip Away de David Bowie parce que j’ai un très fort souvenir d’une traversée de Mexico City la nuit avec Jérôme Bodon-Clair et GSC en écoutant l’album Heathen que je découvrais ce soir là pour la première fois, et ce morceau en particulier. Il s’agit d’une ballade triste nostalgique que seul Bowie était capable d’habiter de cette manière, n’importe qui d’autre aurait pu rendre ça assez banal, mais là, frissons assurés à chaque écoute (pour moi en tous cas).

Du côté, triste, sombre et nostalgique, on retrouve également l’ouverture de l’album Curtains des Tindersticks, Another Night In. Un soir d’été 2004, dans une salle de concert parisienne, l’ingénieur du son a choisi de mettre ce disque a un volume assez fort pour faire patienter le public. J’étais sous le choc, je connaissais le groupe de nom mais ne m’étais jamais penché dessus. Le son, la composition, les arrangements et la voix de Stuart Staples forment un ensemble parfaitement équilibre, à la fois dépouillé et luxuriant, d’une classe incomparable.

Parmi ces morceaux importants pour moi, vous trouverez aussi Chiaroscuro de Tulsa Drone, According to Plan de I Love You But I’ve Chosen Darkness (parmi les meilleurs riffs de basse qui soit), Last Dance de Dirty Three, North de Phoenix (un instrumental brillant, sans machines, loin de tout ce qu’on connaît de Phoenix), Les Hommes Entre Eux de Dominique A (mon morceau préféré de Dominique A change à peu près tous les 15 jours, c’est pour ça que je l’aime. En ce moment, c’est celui-ci), Splitter de Jonny Greenwood (ou une production jazz comme j’aimerai en entendre plus souvent), Casting Out the Nines de Dub Trio (ou leur morceau le plus efficace à mon sens puisqu’il forme un tout sonore très personnel)…

Voilà pour ces morceaux collants. Cette sélection comprend également des extraits d’albums dont j’ai parlé dans mes précédentes playlists mensuelles :

Berlin issu de la collaboration de Ryuichi Sakamoto et Alva Noto (dont je parlais dans un précédent post) ou l’équilibre parfait entre les univers des deux artistes. Un piano faussement abstrait ponctué par des beats électroniques pointus et pointilleux.
Mais aussi DDRhodes par Arkhonia (contemplation à 360°), Theme of Ages de David S Ware (effectivement ce thème reste en tête pendant des jours), Always Human par Actress (dance music perverse) ou le sublime Man of Words de Booker Little et son thème de trompette à tomber.

Le reste de la sélection est plus lié à l’actualité musicale ou aux disques que j’ai écouté récemment :

Le single Me and the Devil de Gil Scott-Heron, que j’ai écouté des mois après tout le monde, et je dois avouer que ça cartonne pas mal avec cette instru hip hop sale, bien sombre, presque malsaine, et cette voix blues/soul usée, fatiguée.
Encore du Alva Noto dans cette playlist, mais cette fois en tant que remixer de Kangding Ray dont le dernier EP sorti chez Raster-Noton est très efficace (il contient deux remixes, celui-ci et un autre de Ben Frost, qui sont inclus comme des morceaux à part entière servant sa construction).

Côté textures, ambient music et états seconds, j’ai inclus un morceau de Noveller que je suis impatient de voir à Lyon en Novembre en première partie de Nadja, un extrait de l’album de Olan Mill (post-minimalisme ultra réverbéré), Linden par Le Lendemain (magnifique musique de chambre), Full Moon de Markus Mehr (sculpteur sonore allemand dont l’album m’a séduit et que vous retrouverez dans ma prochaine playlist mensuelle), Brothers (for Matt) de Mark McGuire (son côté moins psyché, plus émo) et la dernière sortie de Tim Hecker chez Room40, Apondalifa.

Pour terminer, vous pourrez découvrir ou redécouvrir Elephant Micah à travers A Spider Lives Here (héros de l’americana underground, à Lyon le 8 décembre), The Valleys par Electrelane (mon morceau préféré d’un groupe que j’écoute peu), les jeunes californiennes très hypes de Warpaint et leur Majesty , le jazz éthiopien délicat de Mulatu Astatke sur Radcliffe, somptueuse ouverture de sa dernière sortie, Mulatu Steps Ahead (merci MonsieurMas).

J’allais oublier Daniel par Elton John. Simplement parce qu’il le fallait.


La playlist leftovers #3 sur Spotify (cliquez ici)

J’ai également créé une liste qui regroupe toutes les playlists leftovers (celle-ci et les précédentes) pour ceux que ça intéresse… (cliquez ici)

une (longue) playlist, octobre


45° 46’ 49” N, 04° 51’ 03” E

Actress - Splazsh (2010, Honest Jon’s)
Un des albums les plus sexy de l’année. De la dance music, de la vraie, ça pompe dans tous les sens, avec de vieilles boites à rythmes qui soufflent, des synthétiseurs sales qui craquent, des gimmicks qui craignent façon début 90’s, etc.

Alva Noto + Ryuichi Sakamoto
- Insen (2005, Raster Noton)
Il s’agit du volet de leur collaboration que je préfère : l’équilibre entre le piano sporadique et poétique de Sakamoto et l’électronique de pointe de Carsten Nicolai.

Arkhonia - Trails/Traces (2010, White Box)
Deuxième excellente surprise de ce label mancunien après le Consolamentum de Richard A Ingram. Découvert grâce au blog Deleted Scenes Forgotten Dreams dont c’est l’album préféré de 2010 pour le moment. Arkhonia développe une musique en apparence statique mais qui dans le détail se révèle riche, passionnante. Trails/Traces est une sorte d’expédition dans un monde fait de multiples voiles, fumée, brouillard, poussière, neige, pluie, dissimulant de merveilleux paysages engourdis.

Arve Henriksen
- Discography
Arve Henriksen est le trompettiste des très sophistiqués norvégiens de Supersilent. Si cet affreux terme de world music voulait vraiment dire quelque chose, il serait certainement utilisé pour la musique de Arve Henriksen : petit fils nordique de Miles Davis, successeur de Jon Hassell, proche de Nils Peter Molvaer croisant l’opéra et la musique traditionnelle japonaise, diverses percussions du continent africain ou techniques de collage new-yorkaises… Il peint, découpe et recompose des patchworks froids, zen, mais avec un traitement du son et un jeu chaleureux, d’où une certaine richesse. Henriksen est un véritable explorateur et c’est bonheur de partir en expédition avec lui. Vous trouverez ses disques chez Rune Grammofon et ECM.

Booker Little
- Out Front (1961, Candid)
Merci à Mickaël Mottet (aka Angil) d’avoir parlé sur son blog (Le Morceau Caché) du morceau Man of Words qui m’a incité à découvrir le disque de ce jazzman dont j’ai aimé chaque minute !

Christian Wallumrød Ensemble - The Zoo is Far (2007, ECM)
Cet album de ce pianiste norvégien s’inscrit quelque part entre jazz et musique folk nordique, joignant à cela un soupçon de musique faussement baroque et de néo-classique. Arve Henriksen joue de la trompette par ici. Un disque unique dans le sens où il donne à écouter une musique dépouillée mais très personnelle tout en étant fortement imprégnée de ses références.

Dave Douglas - Meaning and Mystery (2006, Greenleaf)
Dave Douglas est un trompettiste américain qui s’est principalement fait connaître à travers ses collaborations avec John Zorn et Tzadik (il est membre de Masada et Bar Kokhba), mais qui a exploré un grand nombre de territoires divers et variés à travers plus d’une vingtaine d’albums (hommages à Kurt Weill, Stravinski, Shorter, musique contemporaine, musique klemzer, free jazz, commandes pour pièces de danse, etc). Cet album ne figure pas parmi ses plus originaux et aventureux, mais c’est un des plus efficaces, version jazz semi-électrique/soft fusion.
Vous remarquerez que je suis plutôt trompette ces derniers temps.

David S. Ware - Surrendered (2000, Sony)
David S. Ware n’est pas trompettiste mais saxophoniste. J’ai découvert ce disque en allant voir Otomo Yoshihide + The Thing en concert. Merci aux messieurs du Sonic d’avoir passé cela.

Dirty Three - Discography
Dirty Three, ou la méga-classe australienne. Ma bande-son officielle pour le désert et les plaines arides d’Australie, tel que je les imagine. Ce groupe possède l’un des sons les plus vivants qui soit.

Eluvium - Static Nocturne (2010)
Je n’ai jamais trop aimé Eluvium, pas que ce n’était pas bien, mais ça ne me touchait pas, pourtant il y arrivait presque, mais à chaque fois, il y a avait un élément fatal qui tuait notre relation amoureuse dans l’œuf. Matthew Cooper a de nouveaux arguments pour me séduire, et ils sont sérieux : cette pièce de 50minutes est magnifique, bien sentie, et son travail sur le son, pour la première fois, me parle vraiment. Très riche et assez facile d’accès pour les curieux.

Kammerflimmer Kollektief - Discography
Tout simplement un de mes nouveaux groupes préférés. Allez écouter quelques uns de leurs disques… Commencez par Absencen pour vous donner une idée.

Nick Cave & Warren Ellis - Soundtracks
Nick Cave & Warren Ellis (violoniste de Dirty Three) collaborent depuis des années à travers les divers projets de Nick Cave (dont Grinderman). Ils ont 3 bandes originales à leur actif, une géniale, une bonne et une mauvaise : The Assassination of Jesse James, The Proposition et The Road.

Philip Jeck - An Ark for the Listener (2010, Touch)
Philip Jeck vétéran de l’écurie anglaise Touch sort ici un de ses meilleurs albums. Pas grand chose à dire là dessus…

Shipping News - One Less Heartless to Fear (2010, Karate Body)
La nouvelle livraison de Shipping News, 5 ans après l’excellent Flies the Field, m’a déçu à la première écoute car il a été enregistré lors de deux lives et que le son est assez âpre. On retrouve deux titres de Flies the Field et 7 nouvelles compositions, globalement plus féroces, plus sales, plus punk que tout ce qui a pu précédé chez Shipping News. Et au final ce n’est pas déplaisant, c’est même rafraîchissant, même si je leur préfère les autres titres plus proches de l’ancien Shipping News, tel que Bad Eve ou Half a House.

Sufjan Stevens - The Age of Odz (2010, Asthmatic Kitty)
J’ai encore un peu de mal, parce que le problème de cet album, c’est que les sons explosent partout à chaque instant. Si la richesse d’écriture et d’arrangements de Stevens est toujours là, elle est souvent dissimulée ou plutôt violemment noyée par des machines électroniques auxquelles je ne m’habitue toujours pas vraiment. Il y a de merveilleuses idées et je salue quelque part l’envie d’aller de l’avant, mais je ne saisis pas vraiment encore son propos…

J’ai aussi écouté l’étonnant nouveau projet frenchtouch-funk de Squarepusher et son groupe Shobaleader, et je ne suis pas plus convaincu que cela. Pas mal de Kayo Dot, parce que cela faisait longtemps, mais ils figurent toujours parmi mes favoris. Et Secret Blood de Shannon Wright, plus emporté que le précédent, mais avec la même équipe, il est plutôt bien parti pour finir parmi les très bons albums de 2010, sans être vraiment original.

  Download

un morceau, pavane pour une infante défunte



48° 52’ 34” N, 02° 22’ 08” E


Pavane pour une infante défunte
(1899) de Maurice Ravel, dans sa version orchestrale (1910), est un des morceaux les plus merveilleux qui soient, à mes oreilles. Je peux l’écouter en boucle. Ce qui rend cette composition si moderne, si contemporaine, si familière, c’est certainement l’influence qu’elle a eu sur un grand nombre de compositeurs notamment au cinéma… C’est simple et délicat. Ce côté cinématique suggère un ambiance feutrée, plutôt américaine qu’européenne, en noir et blanc, pas très éloignée d’une sorte de thème jazz triste un jour d’enterrement, ou Rocky Balboa pleurant sur son passé, un soir, au détour d’une ruelle.
La version ci-dessus par le Cleveland Orchestra dirigé par Pierre Boulez n’est pas vraiment ma préférée, je vous conseille celle du Chicago Symphony Orchestra dirigée par Daniel Barenboim dont le son est plus proche de ce que me fait ressentir l’œuvre de ce très cher Maurice (on la trouve notamment sur spotify).

playlist septembre


45° 46’ 57” N, 04° 51’ 13” E

!!! -
Strange Weather, Isn’t it ? (2010, Warp)
Il m’aura fallu plusieurs écoutes pour commencer à apprécier cet album de !!!. L’absence de certains membres fondamentaux se fait véritablement remarquer tant dans la production que dans les compositions et arrangements. C’est ce qui m’a frappé et déçu. Puis avec le temps, en prenant un peu plus de recul, je pense que cet album est réussi, mais c’est comme si pour moi il s’agissait d’un autre groupe, comme un nouveau projet de Nic Offer qui semble désormais être le maître à bord. Cet album est à la fois plus froid et plus dansant que ses prédécesseurs, il y a quelque chose de presque malsain dans tout ça.

Battle of Mice
- A Day of Nights (2006, Neurot)
Cela faisait quelques temps que je n’avais pas écouté ce disque. Il s’agit d’un des enregistrements les plus tendus que je connaisse. Aride, nerveux, parfois malsain et pourtant toujours touchant.

Biosphere
- Discography
Vous ne croyez tout de même pas que je vais vous résumer la discographie de Geir Jenssen en quelques lignes. J’ai découvert il y a quelques années avec Cirque, qui n’est pas mon préféré mais fut une très bonne porte d’entrée…

Blonde Redhead -
Penny Sparkle (2010, 4AD)
Très froid, comme une acceptation d’un certain état de tristesse. Beaucoup plus synthétique que par le passé, au point que l’ingénieux jeu de batterie de Simone Pace passe à la trappe, et ça, c’est vraiment dommage… Dans le fond, ce n’est pas un mauvais album et on ne peut pas reprocher à Blonde Redhead de ne pas se redéfinir à chaque album, mais lorsqu’on connaît les talents de compositions, d’arrangements mais surtout de jeu (qu’ils cachent très bien), j’espérais être surpris mais différemment… D’ailleurs, c’est exactement ce qui transparait du récent concert auquel j’ai assisté : trop esclave des playbacks (souvent trop forts), le groupe n’arrive pas à dégager la même magie que par le passé. Les rares bons moments ont correspondu à ceux où le groupe se retrouvait à jouer réellement, tous les trois, avec leurs instruments, sans aucun artifice. Cela laisse encore pas mal d’espoir.

Cloudkicker
- Beacons (2010, autoproduit)
Cloudkicker est un one-man-prog-hero-band qui fait parler de lui sur internet depuis quelques mois/années… Et voilà enfin son véritable premier album, Beacons. Auto-produit de A à Z par Ben Sharp, l’homme derrière cette lourde machine de guerre qui sait aussi faire l’amour par moments. Vous pouvez le découvrir et/ou le soutenir par ici.

Jon Hassell - Last Night the Moon Came Dropping Its Clothes in the Street (2009, ECM)
Expérimentateur et trompettiste américain de 73 ans, Jon Hassell a traversé diverses mouvances sonores en travaillant avec Terry Riley et La Monte Young dans un premier temps puis avec Brian Eno, David Sylvian, David Byrne, David Toop, Daniel Lanois ou encore Peter Gabriel mais aussi avec beaucoup d’artistes non occidentaux.
Cette dernière production pour ECM, enregistrée en France, est plus feutrée que jamais
Les expérimentations de Hassell sur des musiques orientales sont ici beaucoup plus en retrait que d’ordinaire bien que persistantes. C’est ici son côté jazz, sombre et intrigant, qui prévaut : basse rampante, percussions traitées, guitares spectrales (Eivind Aarset), quelques samples et instruments orientaux, offrent à sa trompette, parfois mutante mais très souvent proche d’un Miles nocturne, un très bon écrin. Il faut apprécier la langueur, les longueurs, pour aimer cet album d’environ une heure qui progresse lentement vers des sections résolument plus animées. Ça tombe bien, c’est mon cas.

Kammerflimmer Kollektief - Absencen (2005, Staubgold)
Cet album de jazz contemporain est tout simplement fantastique, moderne, et brillant. J’avais donné une première chance à ce disque à sa sortie, et j’étais totalement passé à côté… De cet enregistrement se dégage une certaine beauté froide à l’européenne, empruntant parfois des codes de la musique traditionnelle américaine (utilisation faite du violon, du lapsteel) comme pour équilibrer le tout en insufflant un peu de chaleur. Rajoutez à cela un véritable sens de l’improvisation et de la (dé-)construction ainsi qu’un certain goût pour les traitements électro-acoustiques, et cela donne un album polymorphe sophistiqué et chatoyant fourmillant de subtilités, qui à travers  Et puis sur le plan des mélodies, c’est magique, tout simplement. Fortement recommandé.

Lawrence English - Kiri No Oto / It’s Up to Us to Live / A Colour for Autumn
(2008, Touch / 2009, Sirr / 2009, 12k)
L’australien fait partie de ces phares, de ces acteurs majeurs des musiques texturisées, à la tête du label Room40 depuis 10ans maintenant. Ces derniers temps, j’ai passé du temps avec ses productions les plus récentes. Kiri No Oto, chez Touch, qui démarre par un titre qui m’a ému dès la première fois, Organs lost at sea, une espèce d’océan massif d’orgues. Kiri No Oto, c’est comme être largué en plein milieu de l’océan, ne pas savoir comment nous en sommes arrivés là, et n’avoir d’autre choix que de constater et ressentir l’immensité, la puissance de cet océan, craindre son caractère imprévisible, et jouir d’une relation unique tout en redoutant cet isolement non volontaire. Hmm… It’s Up to Us to Live joue beaucoup plus sur les dynamiques et sa palette de textures qui est beaucoup plus variée. Cette combinaison créé une sorte de tension tout au long de l’album qui est plutôt inhabituelle pour ce que je connaissais de L. English… Pour ceux qui préfèrent des albums d’ambient plus sereins, je vous conseille A Colour for Autumn : beaucoup plus doux, plus minimaliste, tout simplement plus proche de l’esthétique du label de Taylor Deupree. En somme, avec ces trois disques, vous pouvez vraiment vous faire une bonne idée de l’artiste et de son travail, et il y en a pour tous les goûts.

Out Hud
- Let Us Never Speak of It Again (2005, Kranky/!K7)
Projet de 3 membres de !!! avec 2 demoiselles, cet album décadent croise funk glacial, psychédélisme hypnotique et dance music has been avec talent. Sors-le en soirée, tu verras bien.

Steve Reich
- Double Sextet/2x5 (2010, Nonesuch)
J’attends depuis un peu plus d’un an la parution de 2x5, pièce en trois mouvement pour 2 quintets électriques de Steve Reich. Les extraits étaient particulièrement alléchant, et écouter le travail de Reich transposé à un instrumentarium tel que celui-ci était prometteur. Au final, ce n’est pas si surprenant que cela : cela fonctionne très bien, mais il n’y aucun doute sur l’écriture et sur la provenance de ce travail. Étrangement, c’est le Double Sextet, plus classique dans la forme et les textures, qui m’a séduit par la puissance légère qui s’en dégage.


Mais aussi Mark Templeton, Olan Mill, Celan, Seaworthy & Matt Rösner, Warren Ellis & Nick Cave, Balmorhea, The New Year, Shipping News (en attendant le nouvel album en novembre), Shannon Wright (en attendant le nouvel album en novembre. bis), Godflesh, Zatokrev, Hans Otte (merci Nicolas) et bien sûr le dernier Oceansize

un morceau, rentboy



HTRK - Rentboy
(Marry Me Tonight, Blast First Petite, 2009)

"Conscience is nowhere in sight


L’album Marry Me Tonight du trio australien HTRK s’est avéré être de plus en plus obsédant pour moi. Cette formation qui a migré vers Berlin et Londres offre une sorte de cold-wave downtempo d’autrefois avec le son d’aujourd’hui, une musique crue et sexy à la fois. HTRK est reconnaissable de manière quasi-instantanée alors que pourtant, il n’y a rien de vraiment original dans tout cela. C’est plutôt l’habilité du trio à créer un univers autour de trois fois rien qui impressionne : des basses bien rondes et répétitives, des boîtes à rythmes 80’s passées dans des reverbs volumineuses, une guitare qui lacère la brume, proche d’un fantôme surgissant de Venus in Furs, et une voix lasse, basse, suave, triste, proche d’une Jennifer Charles désenchantée devenue maîtresse manipulatrice laissant entrevoir sa poitrine à chaque coup de tom.

Rentboy est peut être le titre le plus direct de l’album, celui qui à la fois tranche avec le reste et résume son essence.


En écoute ici

une playlist, leftovers #2


45° 59’ 13” N, 04° 03’ 25” E


nouveau pot-pourri spotify de 25 morceaux choisis :


American Football
- You Know I Should Be Leaving Soon
Battle of Mice - Yellow and Black
Bill Frisell - Rain, Rain
Biosphere - Iberia Eterea
Chrisitan Wallumrød Ensemble - Arch Dance with Trumpet
Christopher Tignor - Left in Fragments
Eivind Aarset - Emphatic Guitar
Fennesz - Transit (feat. David Sylvian)
KTL - Wicked Way
Lawrence English - Organs Lost at Sea
Les Baxter - Oasis of Dakhla
Migala - Your Star, Strangled
Moondog & LSO - New Amsterdam
Nils Økland - Bønn
Oceansize - Silent/Transparent
Oddjob - The Mayor
PVT - Crimson Swan
Rafael Anton Irisarri - Lumberton
Secret Chiefs 3 - Balberith
Simon Scott - The Old Jug and Drum
Slowdive - Dagger
Swell - Sunshine, Everyday
The Green Kingdom - Autumn Eyes
Tobias Hellkvist - Fresh Start
Zëro - Go Stereo

Par ici

une playlist, cher auguste



48° 50’ 28” N, 2° 24’ 04” E

Août 2010

Bexar Bexar - Tropism (2006, Western Vinyl)
Des guitares nylons ensoleillées habillées de quelques souffles et brises électroniques. 37 minutes de nostalgie égarées dans la chaleur de l’été.

Brian Blade Fellowship - Season of Changes (2008, Verve)
La musique de Brian Blade est profondément ancrée dans une certaine culture mélodique américaine, aucun doute sur les origines de cette musique dès les premières notes. Du jazz en costume, très propre sur lui, plein de bonnes intentions, quelque peu insolent… Le truc c’est que je ne vois absolument pas quoi reprocher à ce disque à part sa perfection et sa grande classe. Et pourtant ce n’est le genre de jazz qui me séduit d’ordinaire. Stoner Hill est un modèle de balade d’amour ultime à l’américaine. La faille n’est pas sur ce disque mais sur celui où Brian Blade a quitté les fûts pour s’essayer au songwriting, c’est là qu’il a franchi la ligne.

Les Baxter - The Exotic Moods of Les Baxter (1996, Capitol)
Le roi des cordes cinématiques exotiques. Compilation posthume délicieuse et inspirante.

Mice Parade - What It Means to Be Left-Handed (2010, FatCat)
Un des meilleurs albums de l’année pour moi… Adam Pierce est toujours aussi inspiré et talentueux pour ses productions…

Moondog - Moondog 1956, Moondog 1969
le plus grand des clochards célestes offre une musique évidente, sans artifice, directe, touchante.

PVT
- Church With No Magic (2010, Warp)
Plus extraverti que son prédécesseur, ce nouveau Pivot (devenu PVT) Toujours parcouru de manipulations acoustiques en tout genre (réminiscences de Triosk dont un des membres de PVT était le batteur, et un autre, producteur), de synthétiseurs gonflés à bloc, les influences eigthies et kraut radicalisées… Si tout paraît nouveau du nom jusqu’au son, la grande nouveauté reste la voix et ce format chanson adopté par le trio australien. Je dois avouer avoir trouver cet album un peu trop boursoufflé et pas à mon goût aux premières écoutes (alors que j’appréciais le premier), mais après plusieurs écoutes, il faut avouer que désormais, je trouve ce nouvel effort bien plus abouti et plus riche. Bien que plus direct en apparence, il mérite à mon avis plus d’attention que son prédécesseur…

Rafael Anton Irisarri
- Discography
R.A.I., je t’aime.

Simon Scott
- Nivalis (2010, SFH) / Traba (2010, Immune)

The Green Kingdom
- Twig and Twine (2009, Own)
Je suis tombé par hasard sur cet album à la bibliothèque et l’ai pris simplement parce qu’il était mentionné “mastering par taylor deupree”. Une assez bonne pioche. Encore un album de guitare génétiquement modifiée, mais de manière assez discrète. Plutôt lumineux et facile à écouter, se rapprochant des choses les plus légères que j’ai pu enregistré récemment.

Sufjan Stevens
- All Delighted People EP (2010, Asthmatic Kitty)
8 titres pour une heure, cette nouvelle livraison de Sufjan Stevens me ravit. La chanson titre est épqieu, une véritable surenchère de grosses ficelles, et ça marche complètement parce que ça reste Sufjan Stevens et que cet homme est une sorte de travailleur acharné, magicien à ses heures perdues. Tous les titres sont de très bonne facture, pas forcément éloigné de ce qu’il a pu faire par le passé, mais la chanson titre vaut à elle seule l’écoute de ce “court-format”. Nouvel album en octobre (et les deux extraits disponibles font peur…).

Mais aussi pas mal de disques Western Vinyl, Direction Survet’ (formation lyonnaise fortement recommandée), les albums de Lake (taillés pour l’été), Tren Brothers (Dirty Three minus Warren Ellis), Oneothrix Point Never en vrac, Matthew Dear (Black City), le dernier Blonde Redhead

A la demande de certains, je glisserai des extraits de tout cela dans un prochain pot-pourri spotify… Je fais également en sorte de trouver un bon widget pour que vous puissiez laisser des commentaires ici puisqu’il semblerait que 430 visiteurs aient visionnés 1000 pages sur les 60 derniers jours… merci à tous ceux qui m’ont fait des retours.

une playlist, leftovers #1


46° 08’ 13” N, 6° 25’ 35” E

En attendant des podcasts plus structurées et pour terminer l’été, voici un simple pot pourri de 33 titres, sans ordre de lecture particulier, sans thème. Quelques titres en vrac que je partage avec vous, parfois issus des playlists précédentes, parfois soufflés par des amis bienveillants, d’autres sont tout simplement des morceaux que j’adore depuis longtemps et certains sont arrivés là par hasard… Tout cela, dans la limite de ce que peut offrir spotify. Vous retrouverez donc ici :

Autistici - Broken Guitar, Discarded Violin
Baja
- Floating Clocks, Floating Girls
Bexar Bexar - Sweet Devil
Black to Comm - Hotel Freund
Blonde Redhead - Signs Along the Path
Brian Blade Fellowship - Stoner Hill
Brian Eno - Lizard Point
David Sylvian, Ryuichi Sakamoto, Amadeo Pace, Keigo Oyamada & Sketch Show - World Citizen
Fennesz
- Namewithnohorse
Food - Tobiko
Franz Schubert - Trio n°2 Opus 100
Giuseppe Ielasi - 3
Herb Alpert -This Guy’s In Love With You
HTRK - Ha
John Zorn - Mao’s Moon
Kreng - Meisje in Auto
Lone - To Be With A Person You Really Dig
M83 - Kim & Jessie
Matthew Dear - Don & Sherri
Maurice Ravel - Pavane pour une infante défunte
Ornette Coleman - Civilization Day
Pantha du Prince - The Splendour
Pivot - Sing, You Sinners
Rebotini - The Spirit of Boogie
Scott Walker - On Your Own Again
Souvaris - Great Scott !
Talk Talk - I Believe in You
Tangerine Dream - Love On A Real Train
The Blue Nile - Let’s Go Out Tonight
The Chap - Fun and Interesting
The Sight Below - No Place for Us (Eluvium Remix)
Tren Brothers - Gone Away
Vessels - Altered Beast

PAR ICI et pour ceux qui n’ont pas encore Spotify, vous pouvez l’obtenir par ici.

un album, sunshine hits me


41° 23’ 12” N, 09° 09’ 42” E


"I wanna hold you like the sky holds the sun


Ce n’est pas encore la fin de l’été, je vais donc en profiter pour vous parler un peu de cet album qui est certainement un de ceux que je préfère lors de cette période… Sunshine hit me de The Bees permet d’attendre patiemment que le soleil laisse ses marques sur votre peau, accompagnant la lecture d’un livre au bord de l’eau en sirotant un bon cocktail, tout cela sans imiter Kokomo des Beach Boys… Il s’agit du premier et seul album du groupe que j’apprécie, réalisé par les deux membres fondateurs, dans une cabane au fond du jardin. Le son de ce disque est gorgé de soleil, des rhodes délicats et profonds, de pianos paresseux, de guitares psychédéliques diluées pour rester légères, de cuivres soyeux, d’influences brésiliennes, tropicales ou jamaïcaines, de choses très anglaises des 60’s, en passant par une reprise de Os Mutantes et une perle nommée Sunshine. C’est léger, varié, cohérent et la production est ingénieuse. Ce disque prend tout son sens au soleil…

out of town, rooted grounds


47° 19’ 54 N, 04° 04’ 54” E


Dans mes oreilles, en juillet, lors de séjours en zones indépendantistes, entre guérilleros morvandiaux à l’arrière de pick-up et panneaux routiers décorés à la chevrotine :

Brian Harnetty & Bonnie “Prince” Billy
- Silent City (2009, Atavistic)
David Torn - Prezens (2007, ECM)
Dirty Projectors + Björk - Mount Wittenberg Orca (2010, Domino)
Elephant Micah - plays the songs of the Bible Birds (2010, Time Lag)
Eliane Radigue - L’île ré-sonante
Giuseppe Ielasi - Aix (2009, 12k)
How to Destroy Angels - Ep (2010)
Kreng - L’autopsie phénoménale de Dieu (2009, Miasmah)
M83 - Saturdays=Youth (2008, Mute)
Molly Berg + Stephen Vitiello - The Gorilla Variations (2009, 12k)
Regenorchester XII - Town Down (2008, Red Note)
Taylor Deupree - Shoals (2010, 12k)
The Fun Years - Baby, It’s Cold Inside (2008, Barge)
The Necks - Silverwater (2009, RēR)

deux semaines


42° 15’ 20” N, 8° 35’ 48” E

Deux semaines sans faire ni écouter de musique, je n’ai jamais rentré un tel combo de toute ma vie… J’ai donc lu, sur le sable, souvent.

J’ai tout d’abord terminé Journal Intime (Diary) de Chuck Palahniuk, celui que j’ai le moins aimé de l’auteur, mais il est véritablement doué pour implanter des fables abracadabrantes au sein du monde réel afin d’en faire ressortir les impuretés avec un style toujours très personnel… Pour quelqu’un qui voudrait s’y mettre, je conseillerais plutôt Survivant ou Choke (ou Fight Club, mais je ne l’ai pas lu), car celui-ci est beaucoup plus glacial, moins farfelu, plus lent à se dévoiler.

Je suis ensuite passé à un roman noir policier, pour la toute première fois. Je choisis toujours méticuleusement les livres que je lis, très souvent des auteurs nord américains, les traductions des livres de ceux-ci donnent la sensation d’aller toujours à l’essentiel, et puis je suis obnubilé par la géographie américaine…

Bref, j’ai donc choisi Bois Mort (Cypress Grove) de James Sallis, premier volet de la trilogie Turner, et je ne regrette absolument pas tant le personnage de Turner est travaillé, se révélant et se précisant à chaque page du livre. Au final, l’enquête n’a pas vraiment d’intérêt, c’est plus sa manière de l’aborder, de la mettre en parallèle à sa propre vie qui l’est. J’ai déjà acquis le deuxième volume… Je le commencerai dès que j’aurai terminé Julius Winsome de Gerard Donovan

J’ai lu une centaine de pages et j’espère vraiment que Gerard Donovan ne me laissera pas tomber avant la fin de ce roman passionnant, enfin passionnant pour tous ceux qui aiment le silence, les forêts sombres du Maine, s’imaginent en ermite dans une cabane au fond des bois dont les murs sont habillés de livres (ou de disques) merveilleux. Tout comme le Turner de Sallis, Julius Winsome est un vieux solitaire très attachant, réfugié dans les livres depuis toujours, et qui découvre malgré lui et à travers lui la violence après 50 ans de paix.


Mais sur le bateau qui m’a mené sur l’île, j’ai quand même écouté quelques disques, entre la moiteur et l’odeur de mazout du pont supérieur et l’air conditionné des restaurants déserts :

Taylor Deupree - Shoals (12k, 2010)
dernière livraison du boss de 12k dont je vous parlais précédemment, basé autour de travaux réalisés avec des instruments balinais et javanaisn d’où un caractère particulièrement méditatif dans ces quatre compositions. Quand on se penche dessus, c’est un disque assez différent de ce qu’il a fait précédemment, par la texture, la température et les couleurs. J’aime beaucoup.

David Torn - Prezens (ECM, 2007)
j’ai découvert David Torn en tant que guitariste bizarroïde de David Bowie (pour les tournées Outside et Earthling il me semble) mais a également collaboré avec Jan Garbarek, Don Cherry, Sakamoto, Cliff Martinez, les membres de King Crimson ou David Sylvian et même Madonna. Et puis c’est le cousin de Rip Torn d’après Wikipedia, et ça, c’est la classe.
Cet homme s’avère être un expérimentateur très intéressant, versatile, généreux avec son instrument. Le tout est assez long et navigue entre jazz crimsonien, improvisations futuristes (légèrement décalées/dépassées), jams électriques débridés, interlude orientaux et science-fiction sonore. Agréable surprise à creuser…

Brian Harnetty & Bonnie Prince Billy - Silent City (Atavistic, 2009)
et hop, encore un album plein de joli souffle et d’instruments vivants qui craquent. Brian Harnetty est une sorte de compositeur d’américana minimaliste, utilisant piano acoustique et électrique, accordéon, contrebasse, batterie et des samples de musiques traditionnelles de Appalaches. A cette musique discrète s’ajoute la voix unique de Will Oldham dont je ne me lasserai peut être jamais… Magnifique en toutes circonstances silencieuses.

Evening Hymns - Spirit Guides (Out of this Spark, 2009)
cela faisait quelques temps que je n’avais pas apprécié un album de ce genre (souvent classé sous indie folk), c’est sans prétention, très honnête, dépouillé mais légèrement emporté avec juste ce qu’il faut d’éléments mystérieux qui traversent l’album comme autant de spectres. Pas grand chose d’autre à dire à part que c’est plaisant, mais je m’en lasserai certainement assez vite…

Il y également eu un peu de M83, le dernier Ep de Simon Scott, la collaboration entre Nina Nastasia & Jim White et quelques vieux Deftones


Au retour, pour regarder la lune à travers les yeux de la mer depuis notre étroite cabine, j’ai préféré la bande originale de Solaris (Trauma, 2002) par Cliff Martinez qui est une des plus belles qui soient. Cette musique est parfaite, surtout dans de telles circonstances. Je ne vois pas quoi rajouter à part vous conseiller d’écouter cette musique.

Pour me réveiller, c’est Manafon (Samadhi Sound, 2009) de David Sylvian qui m’a accompagné, et c’est pas vraiment un choix idéal dans cette situation. Manafon est vraiment loin d’être facile : contrairement à d’autres de ses albums où les instrumentations sont l’écrin dont sa voix est le joyau, on se retrouve ici dans la situation inverse. La voix de Sylvian est le fil conducteur, la colonne vertébrale qu’il ne faut surtout pas quitter des oreilles, et l’instrumentation (Fennesz, Dafeldecker, Evan Parker, Otomo Yoshihide et d’autres pointures du genre) vient la ponctuer par spasmes, par percées obscures ou faux thèmes labyrinthiques. Encore une fois, pas facile, mais une fois qu’on s’est accroché pour de bon, le voyage est, si ce n’est plaisant, des plus intéressants.

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un morceau, on your own again

Scott Walker - On Your Own Again
(Scott 4, Phillips/Fontana, 1969)

Ce morceau illustre parfaitement ce dont je parlais précédemment avec la playlist curated by Radiohead : c’est en effet grâce à eux (ou plutôt le documentaire Meeting People is Easy) que j’ai découvert cette merveille d’une minute et quarante huit secondes et par la même occasion l’oeuvre de Scott Walker
Je vous laisse apprécier la perfection de ce morceau qui dit tout en quelques secondes, ses paroles, ses cordes luxueuses, sa production méga classe et le charisme de Scott Walker qui hante ce titre du début à la fin.